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Le retour utile porte sur un fait, pas sur une personne

Par · · 5 min de lecture

La plupart des retours ratent parce qu'ils décrivent quelqu'un plutôt qu'une situation. La correction est simple à énoncer et difficile à tenir.

C'est le geste de management le plus fréquent et celui qui est le plus mal fait — moi comprise, régulièrement.

La différence

« Tu n'es pas assez rigoureux » décrit une personne. C'est reçu comme un jugement, ça n'indique aucune action, et ça se discute mal.

« Le dossier est parti sans les pièces annexes, le client a dû relancer » décrit une situation. C'est vérifiable, ça peut être corrigé, et ça n'engage pas l'identité de celui qui l'entend.

Un retour sur une personne appelle une défense. Un retour sur un fait appelle une explication — et c'est l'explication qui apprend quelque chose aux deux parties.

La structure qui fonctionne

Ce qui ne marche pas

Encadrer une critique entre deux compliments. La méthode est très enseignée et son effet est connu : la partie centrale est atténuée au point d'être manquée, et les compliments perdent leur valeur puisqu'ils annoncent une critique.

Et grouper plusieurs sujets dans un même échange : le second efface le premier.

Le moment

Proche des faits, et pas une fois par an. Un retour donné en entretien annuel sur un événement de mars n'a plus aucune utilité corrective — il n'a qu'une fonction d'évaluation, ce qui est autre chose.

Ce qui relève d'un cadre

Quand il ne s'agit plus d'un ajustement mais d'une difficulté qui s'installe, l'échange informel ne suffit plus. Les procédures d'évaluation et, le cas échéant, les procédures disciplinaires obéissent à des règles précises — information préalable, formalisme, droits du salarié.

C'est le moment de s'appuyer sur le cadre légal plutôt que sur l'improvisation, et de se faire accompagner.

Portrait de Claire Lefort

Rédactrice · Leadership & RH

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